Actualités médicales

Les informations générales sur le coronavirus COVID-19 

(pour les malades atteints d’un RIC)

Coronavirus, de quoi parle-t-on ?

Les coronavirus sont une grande famille de virus qui peuvent provoquer des maladies à sévérité extrêmement variable. Coronavirus signifie « virus à couronne » en latin, appellation qui leur a été donnée dans les années 60 lors de leur découverte en microscopie électronique, par analogie au soleil et à sa couronne. Ils sont le plus souvent responsables d’infections bénignes à type de rhumes.

Néanmoins, des coronavirus qui ne se trouvent pas naturellement chez l’homme mais chez des mammifères ont été à l’origine d’infections graves des poumons : d’abord le SARS-CoV, pour l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère lié au coronavirus (SRAS) qui a débuté en Chine suite à l’ingestion d’une civette par l’homme et a déclenché une alerte mondiale de l’OMS en 2003, puis le MERS-CoV pour l’épidémie de syndrome respiratoire du Moyen-Orient qui a débuté en Arabie Saoudite en 2012 et est transmise via le chameau.

Nous sommes actuellement victimes d’une maladie, le Covid-19 : «  Co » pour « corona », « vi » pour « virus », « d » pour « disease » (maladie en anglais) et « 19 » pour 2019, année d’apparition du virus à l’origine de l’épidémie qui a commencé en novembre 2019 à Wuhan en Chine, probablement initialement hébergé par la chauve-souris et transmis au pangolin (ou fourmilier écailleux), consommé en Chine. Cette épidémie se répand depuis d’homme à homme dans le monde entier, d’où son nom de pandémie (du grec “pan-” qui signifie “tout”). Au début de l’épidémie, la maladie était initialement désignée 2019-nCoV (2019 pour l’année, ”n” pour nouveau et “CoV” pour coronavirus »), terme caduc puisque depuis remplacé par Covid-19.

Ce virus a été nommé SARS-CoV-2 pour le rapprocher du Sars-CoV (« Sars » pour « Syndrome respiratoire aigu sévère » et « CoV » de « coronavirus ») à l’origine de la pandémie de SRAS de 2003.

Sources :

 

Les symptômes de l'infection au coronavirus

Les symptômes principaux sont : toux, fièvre, maux de tête, essoufflement.

La perte brutale de l’odorat, sans obstruction nasale et disparition totale du goût sont également des symptômes qui ont été observés chez les malades.

L’Institut Pasteur et les Hôpitaux de Paris (APHP) ont développé un test en ligne pour orienter les personnes pensant avoir été exposées au virus.

Faites le test pour répondre en citoyen éclairé selon vos symptômes sur le site maladiecoronavirus.fr

Les symptômes et la chronologie de la maladie Covid-19 - Infographie Le Parisien

Comment se protéger et protéger les autres du coronavirus ?

Le virus se transmet par les gouttelettes projetées lors d’éternuements ou de la toux, cela implique donc un contact étroit avec une personne malade. Soit il entre en contact avec la personne saine directement par les muqueuses soit, et c’est le plus fréquent, par des mains ayant été en contact avec le virus. Par exemple, en touchant des surfaces contaminées.

C’est pourquoi les gestes barrières réduisent le risque de transmission :

  • Se laver les mains très régulièrement même en restant à la maison.
  • Tousser ou éternuer dans son coude ou dans un mouchoir
  • Saluer sans se serrer la main, arrêter les embrassades
  • Utiliser des mouchoirs à usage unique et les jeter
  • Éviter autant que possible de se toucher le visage

De même que les mesures de distanciation sociale :

  • Garder une distance d’au moins 1 mètre avec les autres personnes
  • Respecter le plus strictement possible les mesures de confinements : éviter les rassemblements, limiter les contacts, limiter les déplacements aux cas prévus par l’attestation de déplacement dérogatoire 

Sourcehttps://www.gouvernement.fr/info-coronavirus (onglet “Qu’est-ce que le coronavirus COVID-19 ?”)

Les particularités du COVID-19
  • Ce coronavirus est plus contagieux qu’une grippe saisonnière car il est transmis à la fois par les gouttelettes de salive et par les objets contaminés 1. Une personne infectée, même asymptomatique, peut contaminer de nombreux objets du quotidien, chez elle et en dehors.

 

  • En Europe, les personnes qui décèdent sont le plus souvent âgées de plus de 80 ans, fumeuses ou anciennes fumeuses, et atteintes d’autres maladies chroniques: diabète, maladies cardiovasculaires, cancer…2

  • Le décès est surtout attribué à un syndrome de détresse respiratoire aigu nécessitant une hospitalisation en soins intensifs avec assistance respiratoire. Celui-ci serait dû à une réponse immunitaire inappropriée, incapable d’éliminer le virus, avec production massive de cytokines qui sont des médiateurs de l’inflammation. Les chercheurs l’ont appelée « orage cytokinique » et considèrent qu’il est à l’origine d’une défaillance de tous les organes vitaux3. C’est pour ces raisons que les sociétés savantes préconisent aux malades atteints de rhumatismes inflammatoires chroniques de continuer leur traitement de fond : il s’agit de calmer leur système immunitaire (qui a tendance en s’emballant tout seul, à produire justement trop de cytokines), et éviter une flambée inflammatoire qui prédisposerait probablement à une forme sévère de pneumopathie à coronavirus. Et c’est aussi pour cela que certains biomédicaments qui traitent  la polyarthrite rhumatoïde font l’objet d’études cliniques contre le Covid-19 : le tocilizumab et le sarilumab.

 

En conclusion, vous devez poursuivre votre traitement de fond pour éviter une poussée de votre rhumatisme inflammatoire qui vous exposerait probablement à une forme plus sévère de Covid-19 en cas de contamination. Vous ne devez arrêter votre traitement de fond, en accord avec votre médecin, qu’en cas d’infection, qu’elle soit due au coronavirus ou à tout autre microbe.

Sources :

  1.  https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2762692
  2. https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)30627-9/fulltext
  3. https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2763184?guestAccessKey=57c8840d-7709-4d48-887c-e8b680f9ef0c&utm_source=silverchair&utm_medium=email&utm_campaign=article_alert-jamainternalmedicine&utm_content=olf&utm_term=031320

Quel comportement adopter en cas de symptômes ?

Si les symptômes ne sont pas inquiétants (comme une grippe non compliquée) :

  • Restez à votre domicile et évitez les contacts (enfermez-vous dans votre chambre par exemple),
  • Vous pouvez faire ce test :www.maladiecoronavirus.fr et vous assurer de ne pas avoir contracté le COVID-19,
  • Appelez votre médecin traitant ou, s’il n’est pas joignable/disponible, connectez-vous à un site de téléconsultation (médecindirect, qare, livi…)

En cas de forte fièvre, d’essoufflement important voire de difficulté à respirer :

  • Appelez le SAMU au 15 
Quelles sont les recommandations pour les personnes atteintes d’un rhumatisme inflammatoire chronique ?

Le HCSP (Haut Conseil de la Santé Publique) rapporte qu’« en l’absence de données dans la littérature, en raison d’un risque présumé de COVID-19 grave compte-tenu des données connues pour les autres infections respiratoires, sont considérées à risque de COVID-19 grave les personnes avec une immunodépression acquise médicamenteuse : chimiothérapie anticancéreuse, traitement immunosuppresseur, biothérapie et/ou corticothérapie à dose immunosuppressive… ».

C’est pourquoi la SFR (Société Française de Rhumatologie) recommande aux malades de « restreindre drastiquement leurs interactions sociales et de reporter les soins non-urgents afin d’éviter les sorties et les salles d’attente ».

Néanmoins, elle considère que « L’arrêt de votre traitement risque d’entrainer une rechute de la maladie qui vous fragiliserait face à l’infection, a fortiori alors que nous ne connaissons pas aujourd’hui la durée de la période à risque d’exposition à l’infection COVID-19 ». Elle préconise donc de poursuivre le traitement de son rhumatisme inflammatoire chronique.

Sauf en cas de signe d’infection, je n’arrête pas le traitement de fond de mon rhumatisme inflammatoire chronique, que ce soit :

  • une biothérapie injectable,
  • un inhibiteur de JAK (Xeljanz®, Olumiant®),
  • un traitement de fond synthétique (méthotrexate, Salazopyrine®, Arava®, Plaquénil®),
  • un corticoïde au long cours, qu’il soit prescrit pour mon rhumatisme inflammatoire et/ou pour de l’asthme ou une BPCO : l’arrêt brutal des corticoïdes peut entraîner une exacerbation des symptômes, voire une insuffisance corticosurrénalienne aigüe.

Attention : les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) peuvent favoriser les formes sévères d’infection Covid-19 avec pneumonie grave, aussi je les remplace dans la mesure du possible par du paracétamol. Je prends des AINS uniquement si le contrôle de ma maladie rhumatologique le nécessite.

Si je suis traité à l’hôpital par perfusion intraveineuse d’Orencia® (abatacept) ou de RoActemra® (tocilizumab), je peux prendre contact avec mon rhumatologue pour évaluer avec lui la possibilité de passer aux injections sous-cutanées de ces molécules, afin de poursuivre mon traitement à domicile pour respecter les mesures de confinement les plus strictes.

 

En cas de douleur, je prends du paracétamol (Doliprane®) en respectant strictement la posologie recommandée chez l’adulte et l’enfant de plus de 15 ans pesant plus de 50 kg : au maximum 1 gramme (1 000 mg) par prise, au maximum 3 grammes par jour sans avis médical, 4 grammes par jour avec avis médical, avec un intervalle de 4 à 6 heures entre les prises. Les personnes pesant moins de 50 kg ou qui souffrent d’alcoolisme chronique, de dénutrition, d’insuffisance rénale grave ou d’hépatite virale doivent rester vigilantes quant à la prise de paracétamol et ne doivent pas dépasser 3 g par jour.

Attention : comme précisé sur les boîtes, le dépassement de cette posologie expose à des dommages graves et irréversibles pour le foie.

Sources :

 

Rhumatismes inflammatoires chroniques : quid de la poursuite du traitement de fond en cas de signes d’infection ?

  • En cas de signes d’infection (fièvre, courbatures, toux, essoufflement), j’arrête le traitement de fond de mon rhumatisme inflammatoire chronique, sauf les corticoïdes et l’hydroxychloroquine (Plaquénil®).
  • Pour soulager la fièvre et les douleurs éventuelles, je ne prends pas d’AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) de type ibuprofène (Advil®, Nurofen®) ou kétoprofène (Profénid®…) car ils augmentent le risque de formes sévères de Covid-19 avec pneumonie grave. Je prends du paracétamol (Doliprane®), avec les recommandations énoncées au point 6.
  • Je prends contact avec mon médecin traitant ou mon rhumatologue pour discuter avec lui de la possibilité ou non de poursuivre certains des traitements des rhumatismes inflammatoires chroniques dont l’utilisation est actuellement testée dans le traitement de Covid-19.

Source :

 

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