Arrêt du traitement avant chirurgie ou soins dentaires

14/05/19 | Je suis atteint(e) d'un RIC, La prévention, Mes soins

Question :

« Faut-il arrêter son traitement de fond et/ou sa biothérapie avant une importante intervention chirurgicale ou des soins dentaires ? »

Réponse du rhumatologue :

En cas d’intervention chirurgicale, le risque de poursuivre les traitements de fond de la polyarthrite rhumatoïde (PR) est de favoriser les infections liées à l’intervention et possiblement un retard de cicatrisation. Ce risque demeure minime pour le méthotrexate et le léflunomide. Il n’est donc pas indiqué de les arrêter, sachant que les rhumatologues ont une très grande expérience de ces traitements depuis des années.

En revanche, le risque est plus important avec l’ensemble des biomédicaments (anti-TNF, rituximab, abatacept et tocilizumab, etc.). Il varie en fonction du type d’intervention. Il est donc recommandé d’arrêter une biothérapie avant une intervention chirurgicale programmée.

La durée dépend de la demi-vie du médicament et varie de 2 semaines pour l’étanercept en cas d’intervention à faible risque infectieux, à 10 semaines pour l’adalimumab, le certolizumab ou le golimumab en cas d’intervention à risque infectieux très élevé – selon les recommandations du Club des Rhumatismes Inflammatoire (www.cri-net.com). La reprise pourra être faite après la cicatrisation complète. De plus, les corticoïdes, même pris à faible dose, peuvent également favoriser les infections. Une intervention chirurgicale nécessite donc un peu d’organisation entre le rhumatologue et le chirurgien. On pourra lui communiquer la durée d’arrêt du traitement pour fixer la date opératoire. Bien évidemment, il est préférable d’opérer lorsque la PR est stable et contrôlée.

Concernant les soins dentaires usuels, tels que les soins de caries ou les détartrages, ils ne nécessitent pas l’arrêt des traitements mais une possible antibioprophylaxie*. Les soins plus invasifs, tels que les extractions ou les soins d’abcès, nécessitent en général l’arrêt des biomédicaments et une couverture antibiotique.

L’expérience d’Anne :

J’ai dû subir une importante intervention chirurgicale au niveau du poignet (pose d’une broche et d’une vis). Le chirurgien était au courant de mon traitement dans le cadre de ma polyarthrite rhumatoïde (anti-TNF certolizumab sans corticoïdes). Il m’a demandé d’arrêter mon traitement 3 semaines avant l’opération, et de ne pas le reprendre pendant les 15 jours qui ont suivi. Tout s’est très bien passé et ma cicatrisation a été parfaite. J’ai un très joli poignet désormais !

*Consiste à administrer un antibiotique afin d’empêcher le développement d’une infection

Lien utile : Fiche conseil « infections et rhumatismes inflammatoires chroniques »

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