Réponse du Rhumatologue :

Il est tout-à-fait possible de voyager ou de vivre à l’étranger lorsqu’on est atteint de polyarthrite rhumatoïde (PR), surtout lorsque celle-ci est bien contrôlée par les traitements. Pour certains pays, il faut toutefois faire attention aux risques infectieux, à la mise à jour des vaccins et aux modalités de transport et de conservation de certains traitements.

Si le séjour à l’étranger est prolongé, il est nécessaire de se renseigner sur la disponibilité des traitements de fonds que l’on se procurera localement. En effet, certains pays ne disposent pas de l’ensemble des biomédicaments actuellement utilisés en France dans la PR. Certains patients reviennent donc en France pour être réévalués et récupérer leurs traitements. C’est à anticiper et à organiser avec votre rhumatologue.

L’expérience de Jean-Jacques :

Mon activité professionnelle nécessitait des déplacements dans différents pays du monde. Aussi, lorsque la maladie est survenue, j’avais 2 possibilités : arrêter et ne plus bouger, ou bouger et m’adapter. J’ai choisi la seconde option.  La maladie est devenue un élément de plus à prendre en compte dans la préparation de mes missions et j’ai appris très vite à m’organiser.

Ma première préoccupation, quand je prépare un voyage, c’est mon traitement. Et, lorsque je prends un traitement qui doit être conserver au froid, j’utilise une trousse isotherme pour le transporter. Il faut penser à répartir ses médicaments dans plusieurs bagages, afin que si l’un d’eux se perd, on ne se retrouve pas sans aucun traitement – cela m’est arrivé.

Je constitue aussi un dossier médical avec mes ordonnances, un certificat du médecin, la liste des médicaments dont je suis allergique, la radio de ma hanche où on voit ma prothèse, – pour expliquer pourquoi les portiques sonnent à l’aéroport-, mais aussi des informations sur mes antécédents médicaux les plus graves comme des accidents, ou encore certains produits qui m’ont été administrés et qui ont été efficaces. Voyager avec de la morphine et passer la douane, ne m’a jamais posé de problèmes.

Je me renseigne également sur les lieux que je vais trouver : le terrain sera-t-il rocailleux ? sableux ? Comment vais-je me déplacer sur place ? Quels problèmes physiques je pourrai rencontrer ? Je me demande comment je vais vivre, afin de ne pas être surpris.

Je voyage le plus souvent avec mon épouse. Son rôle est très important et rend possible des voyages très lointains. C’est réconfortant de savoir que quelqu’un vous connait et saura réagir s’il y a un problème. Souvent, on ne donne pas l’impression d’être handicapé : on l’est, mais ça ne se voit pas. Voyager quand on a une polyarthrite nécessite d’être humble et d’adopter la bonne attitude : il faut accepter de demander de l’aide, d’expliquer ses difficultés.

Aujourd’hui je suis à la retraite, mais je continue à voyager. Affronter la maladie donne des forces pour surmonter d’autres obstacles, se dépasser.  A partir du moment où on a le désir de voyager, on trouve comment s’adapter. Si on va en montagne, on prévoit un bonnet et des grosses chaussettes.  La maladie, c’est un bagage de plus ; c’est aussi simple que ça.

Si on a bien préparé son voyage, on va trouver ce voyage normal et on peut se retrouver un jour, comme moi, heureux, au milieu du désert australien.

Lien utile :  

https://www.polyarthrite.org/index.php?pageID=6c91f94d16a2817c21bf00e31fc52d1d

 


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